Zéro Déchet

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Ambassadrice

samedi 24 mars 2018

LE guide de survie du Zerowasteur au supermarché

Viser la réduction des déchets ménagers s'appelle désormais le "pre-cycling": on agit en amont, avant que le déchet ne rentre chez soi. L'objectif est d'acheter les denrées en vrac, sans emballages ou alors avec ceux que l'on amène avec soi. C'est de plus en plus facile, car de nombreuses épiceries de vente au poids ou au litre ont vu le jour. On a désormais plus de choix.


Ou alors, il est toujours possible de mettre la main à la pâte et de touiller dans ses casseroles pour fabriquer soi-même les céréales du petit déjeuner, le pain sans gluten, les conserves, mais aussi les savons, les crèmes cosmétiques, le dentifrice, le shampoing, le déodorant, etc. C'est le règne du Do-It-Yourself ou DIY: là aussi, de nombreuses possibilités existent pour apprendre à confectionner ses produits ménagers ou cosmétiques. Il y a des cours, des ateliers (Universités populaires, associations diverses comme ZeroWaste Switzerland, épiceries en vrac), il y a aussi des livres et... internet. J'y ai puisé beaucoup d'informations du temps où, aux yeux de mes proches, je passais - au mieux - pour une sorcière, au pire pour une folle qui fabrique sa crème de jour! J'ai beaucoup appris, accumulé des expériences, des ratés, et je me suis bien amusée! Le plaisir de touiller est resté et j'ai beaucoup épuré ma pratique.

Reste quelques articles qui ne se trouvent pas (encore) en vrac, nulle part. A moins de commander sur internet. Mais internet, cela ne veut pas dire "sans déchet", loin de là. Alors parfois, je dois me rendre dans un supermarché.

"Vade retro, Satanas!" Voilà le mantra que je me répète à chaque fois que j'empoigne mon panier pour aller à la Coop ou à la Migros (car je boycotte depuis toujours les hard-discouters pour des raisons sociales). Pourquoi avoir besoin d'un mantra? Pour me rappeler que je suis la cible des marketeurs très bien rodés qui visent le moindre moment de faiblesse de la part des clients un peu égarés ou distraits. Ce qu'ils tentent de susciter tout au long de la visite, ce sont les achats spontanés. La FRC a fait le calcul: sans discipline, le consommateur moyen achète entre 30 et 60% d'achats non prévus! C'est ENORME! Comment s'y prennent-ils? Les moyens sont multiples...
... promotions... actions... multi-packs... couleurs... gadgets inclus... odeurs diffusées en douce... nouveautés... placement à hauteur des yeux... emballages dans l'air du temps... disposition dans le magasin... etc... etc...

Voilà pourquoi j'ai eu l'idée de créer ce Guide de survie du Zerowasteur au supermarché, en12 étapes. Comme Hercule et ses douze travaux, se rendre dans ces temples de l'hyper consommation n'est pas une sinécure! Cela demande de l'astuce, de la persévérance, de la concentration et... des muscles!




Ce guide est la somme de tous mes petits trucs, bien utiles pour pouvoir alterner sans grand dommage mes visites en supermarché et mes achats réguliers chez les producteurs et les petits commerces indépendants.

Le Guide de survie du Zerowasteur au supermaché

1. Avant d'entrer au supermarché: Jamais sans ma liste!

Cela semble trivial, mais avant de partir en courses, il est nécessaire de lister les choses qu'on va devoir acheter au supermarché. La liste en main, il est plus facile de s'y tenir! Une vieille enveloppe usagée est parfaite pour cela, inutile d'acheter des blocs-notes.
Et bien sûr, je prends toujours avec moi mes sachets en tissu pour les fruits et les légumes vendus en vrac.

2. Pas de caddie: je me muscle avec mon panier à commissions!

Je boude le caddie à roulettes. Avez-vous remarqué comme ils sont toujours plus grands? Ce n'est pas par hasard!
Il semble assez évident que si on doit porter à bout de bras son panier (ou son sac à commissions) tout le long des allées, on est moins tenté de le remplir avec des achats spontanés non prévus. C'est quand on a 15 kilos à bout de bras qu'on se rend compte comme la déambulation fait partie des techniques de vente des supermarchés!

2 bis. Optionnel: Pas de carte de paiement: je muscle mon cerveau!

Cette option permet de muscler sa cervelle, à la place des bras! Parce qu'il faut additionner les denrées mises dans le panier, au fur et à mesure du parcours. Histoire de ne pas avoir la honte de sa vie en caisse parce qu'on a trop pris et qu'on doit laisser des articles sur place... Cela m'est arrivé du temps de mes études, ce n'est pas agréable du tout!

3. Au rayon légumes et fruits: je vise les articles non emballés

Ils sont tellement peu nombreux que ce n'est pas difficile de les repérer! Malheureusement, les produits bio sont presque tous sur-emballés. Ce matin à la Coop, seuls les betteraves crues et les artichauts étaient présentés tout nus.
Que faire des mini-étiquettes ? Vous le savez, chaque banane, chaque citron, chaque orange, chaque avocat se fait étiqueter. Et bien, vous les laisser sur place, en les collant sur le carton de présentation (et vous jouez le jeu: vous êtes honnêtes et pesez vos articles bio comme des articles bio, d'accord?).

4. Au rayon céréales: je choisis les articles emballés dans du carton

Et j'évite les sachets en plastique qui vont gonfler ma poubelle. Les cartons se recyclent. Même si je sais que le recyclage est à éviter le plus possible, ma foi, c'est à mes yeux moins pire que de contribuer à la filière infinie du plastique.
Riz, pâtes, céréales brutes et légumineuses sont souvent vendus dans des cartonnages.
Je laisse de côté les mélanges de céréales hyper sucrés, sauf les Corn Flakes naturellement sans gluten, et un mélange de müesli sans gluten. J'en fabrique aussi, mais des fois, c'est mangé plus vite que mon rythme de production! (j'ai deux grands sportifs affamés à la maison!).

5. Au rayon des huiles: je prends les bouteilles en verre

Même remarque que pour le No 4: le verre se recycle, et au contraire du carton, il se recycle à l'infini. Bien entendu, je sais que le recyclage du verre consomme énormément d'énergie (transport, lavage, production...), mais c'est moins pire que le plastique, de nouveau.
J'ai récupéré mes dernières bouteilles d'huile en verre et après lavage, je les ai apportées dans une épicerie en vrac qui les récolte pour ses clients distraits qui auraient oublié leur bouteille...

6. Au rayon des produits laitiers: seuls les oeufs trouvent le chemin de mon panier (ou presque!)

A moins d'avoir un rayon avec service, et une personne qui coupe le fromage pour moi, le rayon des produits laitiers se résume à de grands frigos où tout, absolument tout, est emballé dans du plastique. Je fuis ce rayon comme la peste. J'ai de la chance de pouvoir me rendre dans une vraie laiterie, qui vend du lait en bouteilles consignées et des fromages affinés délicieux. Les yaourts, je les trouve dans une épicerie vrac dans la même ville. C'est ma petite tournée du vendredi matin...
Seuls les oeufs, emballés dans des boîtes en carton réutilisables, puis compostables, trouvent le chemin de mon panier, quand je n'ai pas réussi à me rendre dans mon épicerie en vrac.
Font exception: les petits-suisses, indispensables pour confectionner ma pâte à gâteau sans gluten, et la mozzarella sans lactose, en sachet plastique.

7. Au rayon produits d'hygiène: je m'en tiens au papier WC

N'étant pas adepte des coupons en tissu à relaver aux toilettes (oui, oui, cela existe, c'est la dernière tendance zéro déchet!), j'achète des rouleaux de papier WC. Ils sont toujours emballés dans du plastique. Ce grand plastique, je l'ouvre avec précaution: il va me re-servir en guise de cornet poubelle ou autre.
Une alternative serait d'opter pour le méga rouleau, comme dans la restauration (vendus par paquet de huit dans un immense carton), mais il faudrait que je change tous les dérouleurs dans nos toilettes. Au niveau de la déco, c'est pas top... J'attends de trouver un fournisseur qui emballe ses rouleaux dans du papier ou du carton.

Par contre, nous avons abandonnés les lingettes nettoyantes pour les fesses (dans presque chaque WC, il y a un lave-main et du savon, et nos petits doigts nettoient bien mieux qu'une lingette, sans aucun déchet). A long terme, ces lingettes irritent la peau et la muqueuse annale, et encombrent les stations d'épuration. Exit aussi le gel pour nettoyer les WC (ma recette DIY est vraiment top!), les galets désodorisants (les miens sont parfaits!), les sprays qui sentent bon (des huiles essentielles vont bien le job).

8. Au rayon cosmétiques: je choisis les produits bio en emballage métallique!

On sait désormais que les cosmétiques traditionnels contiennent de nombreuses substances indésirables (méthylthiazolinone irritants, silicones non dégradables, tricolosan perturbateur endocrinien, multiples dérivés du pétrole, phénoxyéthanol, tricolosan et j'en passe...). Je préfère nettement des marques de cosmétiques bio qui choisissent des emballages recyclables, comme le métal. C'est le cas de Lavera, de Weleda, et d'autres.
La plupart du temps, je fabrique mes propres produits (shampoing solide ou liquide, déodorant, crème pour le visage, savon, dentifrice en poudre), mais parfois je suis prise de court et je dois acheter un produit tout prêt. Autant alors limiter les dégâts!

9. Au rayon viande et poisson: je tends mes boîtes avec le sourire!

Jamais je n'ai essuyé un refus, jamais! Ma technique est simple: je dis bonjour avec un grand sourire et en regardant bien le vendeur ou la vendeuse (eh oui, ce ne sont pas des automates mais des êtres humains), puis je tends ma boîte (en plastique) par dessus le comptoir en réfléchissant-commandant un article, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.
Autant le savoir: certains supermarchés ont interdit de servir dans des boîtes en verre ou des bocaux. Inutile d'imiter Bea Johnson et ses grands pots Le Parfait: cela ne marchera pas ici!

J'ai donc opté pour des boîtes en plastique avec couvercles hermétiques (clac-clac, c'est fermé). Une fois chez moi, elles vont directement au réfrigérateur. Je ne réchauffe jamais de la nourriture dedans, ne les utilise que pour du frais. Une fois vidées, elles sont lavées, séchées et remises dans mon panier pour les prochaines courses. Pour les restes de repas (chauds et gras), j'ai des boîtes similaires mais en verre. Quand on ouvre le frigo, on voit tout de suite ce qui est à réchauffer (boîte en verre) et ce qui est à cuisiner (boîtes en plastique).

10. Au rayon des conserves: je choisis les denrées en bocaux ou en boîtes métalliques

Encore une fois, ce n'est pas idéal. Mais je peux réutiliser les bocaux pour mes confitures. Et les boîtes de conserve sont recyclables à l'infini, comme le verre.
Au rayon des surgelés, je n'y reste pas longtemps car tout ou presque est emballé dans du plastique. J'en profite pour allonger le pas...

11. Près des caisses: je ferme les yeux!

Quand mes enfants étaient petits, je les préparais aux courses en leur disant qu'aux caisses, il y avait des "pièges-à-mamans" et que je comptais sur eux pour m'en sauver! L'idée était d'éviter qu'ils ne pleurnichent dans la queue des clients pour quémander des bonbons. Et bien, mes enfants ont toujours réussi à me "protéger" de ces pièges en évitant de tomber dedans. Cela peut sembler rude, mais ils ont bien grandi, sans grande frustration. Ils ont maintenant le goût du bon chocolat noir plutôt que celui des sucreries, des fromages artisanaux plutôt que des sugus, des fruits frais plutôt que des pom'pottes.
Mes enfants sont des adultes maintenant, mais les "pièges-à-maman" existent toujours aux caisses! Alors je ferme les yeux en attendant mon tour... Ou alors je vais scanner mes deux-trois courses à une caisse automatique quand l'attente est trop longue.

12. A la caisse: je refuse les points, les gadgets, les concours

Désormais, je refuse de donner mes données de consommatrice gratuitement. Je ne donne plus ma carte de client. Et je refuse les points, les autocollants visant à fidéliser les clients. Ils servent surtout à faire acheter plus. Dire non à ce stade des achats est primordial. En général, je refuse aussi le ticket de caisse, donc je ne reçois plus les tickets de réduction qui ne font que m'aliéner et briment ma liberté d'acheter sans contraintes.

Voilà, chers Zerowasteurs, vous voilà armés pour attaquer vos prochaines courses en mode "warrior"! Et surtout, n'oubliez pas: faites de votre mieux et n'oubliez pas d'être heureux!



4 commentaires:

  1. Juste un complément d'information..... J'ai toujours ma carte fidélité coop et je ne l'annulerai pas car pouvoir payer avec ses points un caddys rempli de nourriture d'une valeur de 300.- ça fait du bien ! même si ça m'arrive 1x par année. Et je suis assez maître de moi-même pour ne pas m'intéresser qu'aux marchandises dont les points valent x fois plus.....

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    1. Si vous le dites, Eleanore! Si vos points servent à payer de la nourriture, je suis très impressionnée par votre maîtrise en tout temps. Jamais vous n'avez choisi ces biscuits-là (ou autres produits) plutôt que ces autres, parce qu'ils donnaient droit à 10x ou 20x des points? Il n'y a bien sûr que vous pour pouvoir répondre...
      Toutefois, si certains produits sont augmentés de "promotions" de points, c'est pour les faire vendre et orienter les achats. C'est donc bien que l'immense majorité des clients est sensible à cet argument de pouvoir collectionner plus de points.

      Vous donnez donc des informations sur vous, votre ménage et votre consommation (et bien plus encore si vous utilisez l'App ou consulter votre compte sur votre ordinateur, voir plus bas) contre 300.- de remise par année. Ces données sont le nouvel Eldorado des commerçants, elles ont une grande valeur. C'est bien peu, 300.- surtout si on sait que pour pouvoir bénéficier d'autant, vous avez dépensé chez Coop l'équivalent de 30'000.- durant l'année (ou un peu moins, mais pas vraiment moins puisque les 10x-20x les points ne changent rien pour vous)! Cela donne une autre perspective, non?

      Avez-vous lu les CGV de la carte Supercard? Un petit extrait: "Lors de l'accès aux canaux numériques de Coop, certaines informations issues des données de base (adresse IP, date et heure de l'accès, etc.) et des données dynamiques (nom du fichier consulté, historique des clics, etc.) sont collectées à des fins publicitaires. Cela vaut aussi pour les données collectées avant ou après la connexion au compte Supercard et personnalisées lorsque le client se connecte."

      Réalisez-vous ce que cela veut dire, avant et après la connexion? Mais peut-être n'utilisez vous pas l'App sur votre smartphone et ne consultez jamais votre compte via votre PC...

      A chacun ses choix et vous avez fait les vôtres. Mon seul souhait est qu'ils soient éclairés et que vous agissez en toute connaissance de cause.

      Bon vent à vous! Une dernière petite réflexion: si vous consacrez une petite partie de vos dépenses annuelles chez Coop ailleurs - chez des petits commerçants indépendants, vous contribuez à la survie d'un tissu économique varié, concurrentiel et dynamique.

      Allez au supermarché est finalement un acte aux énormes implications économiques et environnementales. Acheter, cela équivaut véritablement à voter, car vos achats déterminent le monde que vous aurez demain.

      Merci de m'avoir lue et pour votre message, qui a permis de creuser un peu la question...

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  2. Bonjour.
    J’ai la chance d’être en région lausannoise où les deux seules choses que j’achète sont le PQ et le sel régénérant pour lave-vaisselle. Tout le reste, je trouve chez les commerçants.
    Petite question cependant pour ma culture générale : savez-vous pourquoi ils refusent les boîtes en verre ?
    Merci

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    1. Bonjour Marine,
      Une vendeuse au rayon poisson m'a dit deux fois la même raison: c'est pour éviter d'être poursuivi par des consommateurs qui auraient cassé leur boîte en verre à la maison, et que du coup, il y aurait des briques de verre dans les denrées achetées chez Coop.
      C'est l'excuse la plus stupide que j'ai entendue, mais c'est celle que le personnel a reçu. Car la responsabilité du détaillant ne saurait être mise en cause pour un accident qui se produit APRES l'achat. Le client aurait bien du mal à prouver que les briques de verre étaient déjà dans le poisson s'il casse son propre contenant en verre...
      Par analogie, si je laisse mon poisson hors frigo durant 2 jours et qu'il devient impropre à la consommation, est-ce que je pourrais me retourner contre le détaillant parce que je suis tombée malade? Non bien sûr...
      Par contre, si la raison est qu'on veut éviter le risque de casser un contenant "étranger" en rayon, et que les briques se dispersent sur la marchandise exposée, cela se tient.
      Peut-être que la vendeuse n'a pas compris totalement la raison...
      Posez donc la question! Le fait de poser la question et de se montrer pas dupe, peut-être que cela fera bouger les lignes..!

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