Zéro Déchet

Zéro Déchet
Ambassadrice

lundi 17 octobre 2016

Le poil à gratter du choix du Zéro Déchet - ou le ZD pour les sceptiques!

Quand on s'aventure sur le chemin du "Zéro Déchet", ou plutôt du "Moins de Déchets" , vient à coup sûr un moment où on doit renoncer, refuser, trouver une alternative et si on ne trouve pas, penser à autre chose!

Et ça, c'est un sacré défi.

Pour ma part, cela se traduit par ce genre de questionnement:

Garde-robe minimaliste? En Californie peut-être, mais pas en Suisse!

La garde-robe de Bea Johnson, la papesse du mouvement Zéro Déchet (ou Zero Waste en angliche), ne contient que 15 articles. Quinze, quince, fünfzehn, fifteen... (ouais ok, ça fait pas plus pour autant).  "All right then", mais alors je dois:
  • renoncer à aller crapahuter en montagne? Il est inimaginable de louer des chaussures de montagne, déjà que je dois les former à mes pieds avec patience sous peine de cloques assurées... et
  • ne plus aller skier en hiver? ok, on peut louer ses skis et ses chaussures, mais son pantalon et sa veste de ski, les sous-vêtements perspirants? Et
  • renoncer à aller nager le crowl ou renoncer à aller bronzer avec un deux-pièces? Je n'avais qu'un seul bikini à mes dernières vacances. Je peux vous dire que ce n'est pas très agréable. Il suffit d'un petit vent pour avoir envie d'enfiler un bikini sec... Et
  • renoncer à faire du nordic walking ou du vélo de course avec mes habits perspirants et/ou rembourés aux fesses, des baskets adaptées? aller marcher ou pédaler avec un t-shirt en coton qui pompe bien l'humidité? Il suffit d'une légère brise et c'est le rhume assuré! Et bonjour les cloques au c... sans culotte spéciale cyclisme! Et
  • renoncer à gratter dans mon jardin? pour aller au jardin, je n'enfile pas mon ensemble blazer-pantalon pour le business, ça va de soi. J'ai des vieux habits troués et tachés que je garde pour l'occasion. Idem pour les travaux de peinture dans la maison, qui me permettent de recycler de très vieux T-shirts devenus tout doux à force d'être lavés. Comptent-ils ans les 15 pièces de la garde-robe idéale?
A moins de n'être qu'un pur esprit, en général on bouge, on fait plusieurs sports, on fait plein d'activités différentes... et toutes nécessitent un équipement particulier. Même réduits au strict minimum, je dépasse largement. Alors 15 pièces de garde-robe, désolée, mais c'est idéaliste.

Exit les bas? Ils se trouent trop facilement et sont irréparables. L'époque des bas en soie est révolue. Sous nos latitudes, il est impensable de passer du mode de vie "pieds nus dans les baskets ou les tongs" à "chaussettes épaisses dans les chaussures d'hiver". Au printemps et en automne, j'ai besoin de bas, version longue pour les jupes, version courte pour les pantalons. On peut bien sûr les réutiliser à Pâques lors de la teinte des oeufs... mes enfants étant grands, je n'en fais plus. Donc mes bas troués finissent à la poubelle!



 
Bref, sous nos latitudes aux saisons bien marquées, désolée, les 15 pièces, ça ne tient pas la route! Par saison, passe encore... mais alors cela fait... 60 pièces!


Cuisinez minimaliste? Aaarghh, au secours!
  • comment recycler les joints en caoutchouc des pots en verre à étrier qui sont si pratiques pour stocker les denrées sèches, humides, liquides et servent à faire des aliments lacto-fermentés? Jamais je n'en ai vu un seul dans le litre de déchets annuels des Johnson. Mais comment fait-elle? Les miens vieillissent, craquèlent et ne sont plus étanches. Un jour ou l'autre, je dois les remplacer...
  • renoncer à utiliser les pots Weck, dont le joint est extra-fin? Lui, je ne l'utilise qu'une seule fois, car selon mon expérience, l'utiliser plusieurs fois compromet grandement l'étanchéité et donc la conservation de mes soupes...
  • renoncer à cuisiner avec de la ricotta, du mascarpone, des petits suisses, parce que jamais vus en vrac ?  O madre mia, non!
Renoncer à tous les ingrédients qui ne se trouvent pas en vrac, en fait? Cuisiner tout le temps les mêmes menus, les mêmes plats ? Misère de misère. No way, no pasáran! Mes fidèles lecteurs s'en rendent compte: la curiosité culinaire est un de mes grands défauts. Je ne suis pas d'accord de renoncer à de bons plats faits maison, juste parce qu'on ne trouve pas un ingrédient indispensable en vrac, en récipient réutilisable ou recyclable. Faire du mieux que je peux quand j'ai une alternative, ok, quoique, à prix raisonnable aussi... J'ai trouvé une fois une mozarella en vrac chez Man*r: fichtre, le prix était bien salé, lui!
Vieux, malades et mal fichus: le Zéro Déchet n'est pas fait pour vous!
  • mes genoux me font mal, comme des milliers de personnes qui souffrent d'arthrite et d'arthrose précoce. A moins d'aller enrichir les prothésistes avant l'heure, je mange des compléments alimentaires de glucosamine et de chondroïtine depuis des années. Les douleurs sont nettement atténuées. Mais les pastilles sont vendues en bouteille de plastique!
  • que dire des personnes diabétiques qui doivent se piquer chaque jour avec de l'insuline? Vous avez déjà vu de l'insuline à recharger, vous? Les seringues, ça se lave et se recycle? Non, bien sûr.
  • quand le médecin vous prescrit des antibiotiques pour soigner cette angine à streptocoques ou cette pneumonie, vous dites non sous prétexte que les médicaments ne sont pas vendus à la pièce et non emballés?
Ah, pas de chewing-gum non plus! Il y a des alternatives pour avoir une haleine fraîche: un petit spray aux huiles essentielles par exemple. A conserver sur soi...

Le Zéro Déchet est donc un idéal, un but que je ne pourrai jamais atteindre personnellement. Et des fois, je me demande si le litre annuel de déchets "johnsonien" est vraiment vrai...

Au final, est-ce si important? En fait non. Car le simple fait de réfléchir à ses achats, de faire des choix quand c'est possible, de cuisiner ses restes de repas, de ne plus céder aux sirènes de la pub pour tous ces produits ménagers ou cosmétiques, je réduis déjà pas mal les kilos de déchets jetés chaque semaine. Si tout le monde s'y mettait... ce serait déjà un énorme pas en avant.

Alors hauts les coeurs, ne n'est pas parce qu'on ne peut pas être parfait que cela nous autorise à ne rien faire du tout!

2 commentaires:

  1. Oh, tu viens de dire tout haut ce que je pense tout bas. Et même si je viens de publier un article sur le zéro déchet, je demeure persuadée que cela est tout simplement impossible. Faire notre possible sans contrainte et en demeurant heureux, voici ce qui me parait essentiel. Bises québécoises.

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    1. Merci Sandrine! On partage le même optimisme des deux côtés de l'Atlantique, c'est chouette! Quel est ton blog?

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